Faada Freddy le 18 décembre 2025 au Transbordeur
Concert à la formule surprenante, pas de musiciens Faada Freddy seul devant ses 5 comparses, tous derrière des micros. Percussions corporelles, simulation de basse à la voix, et des choeurs pour booster les performances folles du chanteur principal. Ça chante de la soul, parfois il rappe, parfois lui-même beatbox, on sent du reggae dans certains morceaux, du gospel et un message de paix et de positivité tout le long du concert. Ça surprend, pas habitué à tant de bienveillance.

Zentone le 21 novembre 2025 au Sucre
Il commence à neiger un peu quand on arrive au Sucre, surpris que ce concert se déroule ici. La salle se remplit vite, c’est une réunion d’anciens élèves du Dub des années 2000. C’est parti pour une 1 h 30 de changements d’intensités, de puissance avec la présence de 2 bassistes, d’intrusions de la flûte traversière et du saxo. Ça fait bizarre de voir cette musique dans un lieu qui se revendique « club », bref, on s’y fait vite quand même. Les morceaux avec du chant sont trop cools, quelle voix. Les chansons calmes donnent l’impression d’être interprétés depuis un nuage, les chansons plus « rock » sont hypnotisantes et servent parfaitement les messages politiques distillés par le chanteur entre les morceaux. C’était cool, presque trop court.

Asaf Avidan le 30 octobre 2025 à l’Amphithéâtre 3000
Pas de première partie, il arrive avec sa dégaine de Peaky blinder qui va à un mariage et reste pendant 2 h 20 sur scène à passer d’un style à l’autre, à faire ses variations de voix incessantes. En fermant les yeux, on peut croire qu’il y a plusieurs chanteurs sur scène, parfois il rappe, parfois il chante la tête en bas avec des placements curieux, parfois, il devient ce crooner bizarre, parfois son univers fait penser à celui de Sarah Slean. La scéno est jolie, avec un petit meuble qui sert de minibar, il vient servir ses musiciens qui sont tous très forts, l’acoustique de la salle est incroyable, pendant le rappel, il chante même la chanson de Titanic en rigolant, je n’ai rien à ajouter, ce n’est pas évident de parler d’une baffe.

Sprints + Lùlù le 22 octobre 2025 au Marché Gare
Premier concert que je fais avec mes semelles orthopédiques, un peu serré dans mes baskets, j’arrive au marché gare à l’heure pour boire un coup avant le groupe qui passe en premier.
Lùlù, un genre de Power pop francophone hyper énergique, ça joue fort avec des refrains qui pourraient être des tubes radios d’il y a 30 ans. Des références à Lyon dans les morceaux, des textes qu’ont l’air sincères, ils vendent de jolis pages et la batteuse qui arbore un vêtement à l’effigie de Mickey comme Fianso en 2017. Ich Ich
Sprints
Un des groupes actuels que je préfère écouter donc hyper content d’être là pour voir ce que ça donne en concert. Un set méga rodé, les Irlandais donnent une impression de puissance sans en faire trop. Ils ont instauré un univers qui donne envie que le concert dure toute la nuit. Les chansons plus calmes du dernier album sont mieux perceptibles en live. J’ai appris à mieux les apprécier que sur l’album. Mieux que sur Spotify. Un régal d’entendre Better, ou même Need morceaux de fou du dernier album. Quand elle s’y met la chanteuse est une casseuse de salle. Elle finit par la détruire et nous, on va au gentiment au Tramway.

Maud The Moth + SOPHIA DJEBEL ROSE le 20 octobre 2025 au Sonic
Petit concert au Sonic, on est 17, Sophie Djebel Rose entame la soirée avec sa musique de druide, son micro avec du delay la plupart du temps, sa guitare et ses effets. Elle donne l’impression d’invoquer Satan et de nous hypnotiser en même temps surtout dans les moments parlés. Une vraie musique de sorcière il y a même des jumpscares.
Maud of the Moth enchaîne avec son set qui laisse beaucoup de place à sa voix impressionnante, elle est accompagnée de son guitariste/claviermidiste. Son champ frôle le lyrique par moment, j’aime sa façon de véhiculer de la tristesse et de la gravité, elle m’évoque la dernière bouchée d’un bœuf bourguignon. Elle utilise beaucoup son looper et donne l’impression qu’elles sont plusieurs dans sa tête. Je suis particulièrement content d’entendre, Burial of the Patrichs mon morceau préféré de son dernier album. Autant la dame qui a joué en premier donne envie de la voir dans un souterrain recouvert de taches de sang, autant Maud of the Math s’écouterait bien dans une église.

Ludwig Von 88 + Schlasss le 17 octobre 2025 à La Rayonne
J’avoue, je n’ai pas révisé Ludwig avec de venir, j’ai pris ma place il y a 2 mois pour ne pas regretter de les avoir loupés toute ma vie, Schlasss n’étaient pas encore annoncés à ce moment-là, mais pourquoi pas. Schlasss par contre j’ai écouté un peu le dernier album avant de venir. J’arrive à la Rayonne, beaucoup de têtes blanches et de calvities, je m’y attendais, mais pas autant.
Schlasss montent sur scène vers 20h
J’avale rapidement 2 verres de rouge pour essayer de me rapprocher un maximum de leur univers satyrique. Les morceaux du dernier album sont mieux rappés et font moins « caricature de rap » que les vieux morceaux. Sur scène, c’est vraiment la belle et la bête et la bête rappe de plus en plus comme le rappeur azuréen Jason Voriz. La belle crache régulièrement par terre, fait très bien du cerceau et peut même s’avérer touchante comme dans le refrain de Morne Plaine où elle crie « J’ai mal pourtant, j »ai pas mes raniania ». Le morceau qui a le plus convaincu le public de Ludwig est Travaille Famille Connasse , moi ce morceau m’a donné envie de me faire naturaliser.
Les Ludwig arrivent déguisés et moi, j’ai l’impression d’être dans un voyage dans un passé où le groupe lui-même vient dans le même passé que moi, avec calvitie et compagnie. Leur concert est une énorme fête avec perruques et confettis. Les morceaux sont courts donc il y en a plein, ils jouent tous leurs classiques, que des hymnes, je ne savais pas que La Rayonne accueillait la coupe du monde. Je suis hyper content d’entendre Sebastiano Furioso, une des chansons de ma vie. Les vieux pogotent, les enfants slamment, tout se passe à merveille jusqu’à ce qu’une alarme incendie vienne couper le son pendant une dizaine de minutes, sûrement à cause des machines à fumée. On était déjà dans le rappel, le groupe revient pour faire 2 derniers morceaux après l’incident et finissent sur Houlala, que j’aurai dans la tête tout le long du chemin pour rentrer.

Keziah Jones + Indawa le 8 Octobre 2025 au Transbordeur
Je sors du podologue, visiblement, c’est un cas d’école, ma douleur viendrait d’une épine calcanéenne, c’est donc soulagé que je retourne au Transbo voir Keziah Jones et en attendant son arrivée, il y a il y celle d’Indawa.
Sur scène, la chanteuse est accompagnée de sa guitare et d’un homme aux percussions. Tout est minimaliste, presque intimiste, on se croirait chez elle. Elle chante sa vie et pour introduire ses chansons parle souvent en français pour expliquer ce qu’elle va chanter en anglais. Elle utilise son habilement son joli grain de voix et a une capacité à détendre, en tout cas ça marche sur moi. Il y a un message d’acceptation qui sort de sa musique, c’est utile pour quelqu’un qui a mal au talon tous les matins.
Keziah Jones arrive sur scène seul, n’a pas besoin de dire grand-chose pour communiquer sa joie de jouer. Ses musiciens le rejoignent au bout de deux morceaux. Ensemble, ils s’amusent et donnent l’impression que plus c’est funk, plus ils kiffent. L’importance de la basse dans sa musique est là pour nous régaler. Les moments où le leader ne joue pas, il se met face aux musiciens et les dirige comme un chef d’orchestre en donnant l’impression que tout peut être modulable. Les moments les plus dynamiques provoquent plus de réactions que ses tubes, il est plus là pour jouer que pour faire sa promo, lui qui n’a pas sorti d’album depuis très longtemps. Il annonce quand même de la nouvelle musique pour 2026 et tease une musique différente. Super moment, je trouve même que c’est mieux que sur disque comme disent les anciens. À ce propos, il a 57 ans, en fait 20 de moins et c’est au rappel qu’il est le plus en forme, on n’a pas tous la même génétique.
Gogol Bordello + Split Dogs le 7 Octobre 2025 au Transbordeur
Ça faisait un mois que je ne trouvais rien à aller voir en concert et voilà que ce soir, j’ai à faire un choix. Je suis au transbo, mais au Sonic il y a un concert d’Eddie Dark, vampire grec que j’aime bien. Ce qui a fait pencher la balance est qu’ici à Villeurbanne il n’y a pas qu’un groupe que j’aime, mais 2.
En attendant le début des concerts, petit Gin To pour cause de régime même si je doute que le Tonic du Transbordeur soit sans sucre. 20 h, les Anglais de Split Dogs arrivent sur scène comme une explosion. La chanteuse a l’un des plus grands sourire du monde et une combinaison au motif zébré. Elle occupe la scène avec un cardio illimité, la pauvre photographe galère à la suivre. Elle saute de partout sur ses talons comme pouvait le faire,Tina Turner mais la voix cassée de leadeuse du groupe est plus proche de celle de Doully. Dur à expliquer l’étendu de sa présence, mais disons qu’elle ne donne pas l’impression de trop en faire tout en faisant 15 mimiques de visages par minute quand elle chante. L’énergie monte crescendo jusqu’à ce que le groupe finisse par jouer comme des chiens énervés qu’on sépare, entre les chansons le chanteur parle anglais avec un accent anglais, je comprends rien à ce qu’il baragouine.
Entre les concerts je vais aux toilettes, face à la pissotière, j’ai du mal à pisser entourés de barbus de plus de 100 kilos, quand soudain je vois un sticker sur le carrelage devant moi avec une tête qui ressemble comme deux goûtes de pisse au Youtubeur/agresseur In the panda et là j’urine instantanément.
Gogol Bordello arrivent sur scène en courant et dès la première chanson, on se croirait à un mariage dans les Balkans. Les membres du groupe sont de partout, on ne sait plus où donner de la tête. Le percussionniste vient backer le chanteur comme un tennisman qui monte au filet. Ils enchaînent leurs tubes, gros pic d’ambiance au moment d’Immigrant punk. Le chanteur m’a toujours fait penser au russe Garik Soukatchev et la musique soviétique est présente dans son interprétation et dans les réinterprétations d’airs connus de ce défunt pays. Entre les chansons, il parle anglais avec son accent ukrainien, là, je comprends. Le show est rôdé comme pas possible, ça pue l’expérience et le vin rouge que le chanteur envoie dans les airs. Sur plusieurs chansons, on a le droit en guests à l’énergie juvénile des New Yorkaises de Puzzled Panthers signées sur leur label qui contraste avec la personne âgée au violon (Sergey Ryabtsev) d’une importance non-négligeable. Ce qui est le plus frappant dans le concert, c’est ce poing aux couleurs de l’Ukraine sur le rideau au fond de la scène et tout l’engagement que le groupe a tout le long pour le peuple ukrainien qui se mélange à une fête continue, la définition même de l’âme slave. 23 h fin du rappel, c’est pas plus mal, faire la fête un mardi je peux encore, mais pas trop non plus, demain, j’ai podologue.

Zangbeto + Yadicone le 5 septembre 2025 au Toï Toï Le Zinc
En attendant l’arrivée sur scène du groupe Zangbeto, le Toï Toï diffuse le documentaire « Debout Simama » qui suit la création de chansons jusqu’à leurs interprétations sur scène par des habitantes de la Halte des femmes. Des femmes sans papiers issues de différents pays d’Afrique qui ont subi de multiples formes de violences réunies autour de cette troupe musicale. Projet porté par la Halte des femmes (ALYNEA) et le CCO de Villeurbanne.
21 h 20
Les musiciens de Zangbeto commencent à jouer. Trois des musiciens viennent du Togo. Zengbeto est le nom d’une communauté de chasseurs de mauvais esprits issus du sud du Bénin, aussi présente au Togo et en Côte d’Ivoire. Le rapport entre une société secrète masquée et la musique de ces jeunes gens est évident. Présenté comme un groupe d’Afro Jazz, c’est surtout une réunion d’excellents musiciens qui additionnent la liberté de leur Jazz à des rythmes qui laissent la transe envahir tous les esprits présents dans la salle. Les instruments discutent les avec les autres, parfois ne servent que de fond sonore à la trompette qui s’exprime longuement, parfois ils se taisent tous pour laisser la batterie monologuer pendant plusieurs minutes. C’est important de se rappeler qu’un être humain peut jouer de la batterie comme ça, les limites de ce type de talent sont très loin.
La soirée se termine avec Yadicone, chanteuse accompagnée d’une partie de Zangbeto, je préfère les morceaux chantés en anglais à ceux chantés en français. Les musiciens sont toujours aussi impressionnants, je retiendrai surtout leur très belle reprise de Yellow Moon des Neville Brothers et une version accélérée de « Pendant que les champs brûlent » de Niagara, une chanson que j’adore.

